Photos par Maria Fialho

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Regarder les gens être
Au cours de ses années d’études, Maria Fialho allait se balader du côté du Tage à Lisbonne pour trouver un peu de calme et de l’énergie. ‘Regarder le Tage, la circulation des bacs entre les deux rives, qui transportent les navetteurs travaillant à Lisbonne et habitant sur l’autre rive, me donnait le courage et la certitude qu’un jour je partirais aussi pour d’autres rivages.’ À la demande de citybooks, elle est retournée à Lisbonne avec en tête une phrase de Fernando Pessoa : “Não é por nada que olho: é que eu gosto de ver as pessoas sendo” (‘Je ne regarde pas pour rien, j’aime voir être les gens’). Car, disait-elle, regarder être les gens l’aidait à imaginer ce qu’elle aimerait être finalement elle-même.

La ville de ses souvenirs s’est métamorphosée depuis en une ville plus cosmopolite et tolérante qui a enfin réussi un début d’intégration des différentes communautés ethniques. Installés depuis longtemps dans les faubourgs de Lisbonne, des Africains et des Brésiliens travaillent aujourd’hui de concert avec d’autres Lisbonnais et sortent tous ensemble dans les rues et les ruelles de Madragoa, Bairro Alto ou Cais do Sodré, ‘dans une ambiance de liesse et de vitalité assez loin, pour moi, de l’ambiance d’antan, saturée de saudade, de nostalgie et de fado.’