Jeu 04 avril 2013

Carnets du souterrain # 20

Après un premier roman plus que prometteur, In de naam van TienKamelen (Au nom de DixChameaux), le jeune écrivain flamand Bouke Billiet a écrit à l’automne dernier un citybook sur la ville indonésienne de Semarang. À l’invitation d’Henriëtte Louwerse, il vient de résider deux semaines en Angleterre pour y vivre en direct la traduction de sa narration pleine de fantaisie par des étudiants de néerlandais en Angleterre, parmi lesquels Aimée Hardy. Billiet et Hardy nous emmènent avec plaisir en voyage en Angleterre et dans ce passionnant processus de traduction qui a également bénéficié du soutien du Fonds littéraire néerlandais.

L’île et les îlots de néerlandais

Pour les enseignants et les étudiants de néerlandais dans les universités de Sheffield, Nottingham et UCL à Londres, la langue et la littérature sont tout d’abord source de plaisir. J’ai assez vite compris : celui ou celle qui attache de l’importance au néerlandais, est tenu(e) de vénérer ces enseignants. Par trois fois, je fais la connaissance d’une équipe d’enseignants qui évoque la culture des Pays-Bas et de la Flandre avec un tel enthousiasme, que j’en deviens presque un fervent adepte moi-même. Jane Fenoulhet (UCL) parle mieux le néerlandais que moi et n’hésite pas à me mettre à la porte quand un étudiant vient lui demander de l’aide. Bram Mertens (Nottingham) aspire aux vacances, non pas parce qu’il aurait marre de son job, mais justement parce qu’elles lui permettent enfin d’être malade : pendant les vacances comme il convient pour un professeur pur sang. Et Henriëtte Louwerse (Sheffield) est pour le néerlandais ce que le Gulf Stream représente pour notre climat tempéré : si jamais j’oublie quelle est l’utilité de la culture, j’irai passer un quart d’heure dans son cours.

J’ai besoin de rassembler toutes mes facultés pour ne pas passer pour un crétin fini. J’avais compris dès avant ma traversée en Angleterre que ces étudiants prenaient leur formation très au sérieux puisqu’ils discutaient déjà en ligne de mon texte tout en entament des traductions individuelles : « Pourquoi un point virgule ici et pas une simple virgule ? », « Quelle différence entre bête et stupide ? » « Dans quelle mesure est-il nécessaire de tenir compte des connaissance de base historico-culturelles du lecteur anglais ? » Une sorte d’interview permanente pendant une dizaine de jours, qui ne se termine pas en quittant la salle de cours, mais se poursuit joyeusement presque jusqu’au petit matin dans les restaurants de Soho ou les pubs de Sheffield.

Le résultat de ce projet de traduction, Palm Leaves and Promises, est la première traduction professionnelle complète d’un de mes textes. Je cherche en vain des termes moins conventionnels que ‘fier comme un paon’ ou ’super cool’ pour décrire ce que je ressens. Peut-être aurai-je encore l’occasion de faire appel à cette jeune fougue britannique ?

Bouke Billiet, écrivain

Lire ici le blog original en néerlandais.

 

 

'Meisje van vroeger' (Jeune fille de jadis) devient 'Palm Leaves and Promises'

Il n’est pas très fréquent que le choix pour un projet de traduction universitaire tombe sur un jeune auteur intéressant, ce qui permet aussi de le rencontrer effectivement. C’est pourtant la chance dont a bénéficié un groupe d’étudiants. Ces dernières semaines, quelques étudiants de néerlandais déjà chevronnés de l’université de Sheffield, de l’University College London et de l’université de Nottingham se sont penchés avec intensité sur un texte complètement nouveau et fascinant qui fait partie des citybooks.

citybooks a en effet envoyé le jeune écrivain flamand Bouke Billiet (In de naam van TienKamelen) à Semarang en Indonésie pour s’y laisser inspirer en vue d’écrire un citybook. Le résultat, Meisje van vroeger (Jeune fille de jadis) ou Palm Leaves and Promises, évoque la rencontre entre un narrateur en visite et une femme du cru qui lui fait visiter la ville tandis qu’elle raconte le passé colonial fort mouvementé de Semarang et la manière dont la ville en demeure marquée. En même temps, elle ne cache pas ses préoccupations actuelles : à Semarang, rien n’est conservé tel qu’il le faudrait et ainsi, la ville s’effondre lentement.

Après avoir traduit individuellement un extrait du texte, nous avons formé des groupes avec les étudiants des autres universités afin d’aboutir à une traduction collective de nos extraits. Nous avons eu la chance d’avoir pu travailler en synergie avec aussi bien l’auteur que notre propre traducteur professionnel Jonathan Reeder. Il y a eu ensuite une vidéoconférence à laquelle participaient aussi Bouke Billiet et Jonathan Reeder. De cette manière, on a pu résoudre les problèmes et choisir finalement une équipe de rédaction qui a achevé, en collaboration avec Jonathan Reeder, la version définitive de la traduction anglaise en tenant compte de toutes les observations soulevées.

Je suis sûre de pouvoir affirmer que tout le monde a pris grand plaisir à ce projet et bien qu’on ait été projeté sans ménagement dans l’univers de la traduction littéraire, ce fut, grâce à l’aide dont on a pu bénéficier, un beau morceau de travail et un truc qu’on aimerait probablement tous recommencer avec plaisir. Ce projet a vraiment valu la peine et je crois que, malgré notre manque d’expérience, la traduction est très réussie. Il a suscité pas mal d’intérêt pour la traduction littéraire auprès de plusieurs de nos camarades étudiants, tout comme il a davantage ouvert nos yeux sur l’univers passionnant de la littérature flamande et néerlandaise.

Aimée Hardy, University of Sheffield

Lire ici le blog original en anglais.

 

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